... à la française!

Près de 3 ans après Miam Miam, Edouard revient avec sa troupe au théâtre Marigny, "sur les Champs". Et il retrouve son rôle préféré.. Celui du loser romantique, celui qui n'arrive pas à assumer quelconque leadership. Dans son culte et néanmoins premier film La Bostella, la préparation estivale de sa nouvelle émission de Canal partait en vrille. Son second film Akoibon était une mise en abyme de celui-ci. Pour Miam Miam, sa troupe d'acteurs devait s'improviser restaurateurs, expérience vouée à l'échec culinaire mais pas comique. Il suffit de cliquer sur le nom de la pièce pour lire à quel point cette pièce était enthousiasmante. En cette fin d'année 2012, Edouard est à la bourre. Il arrive du public, un verre à la main, jurant à Jean Mi (qui représente le ministre des Affaires étrangères) que son spectacle rendant hommage à la grandeur de la France est prêt pour la réunion du G20. Sauf que non, vous l'aurez compris. Vont suivre deux heures de bricolage fantaisiste. C'est la où le bât blesse. Où est la frontière entre la réalité et la fiction ? A force de jouer le fumiste, Edouard ne finirait-il pas par le devenir ? Les premiers spectacles d'Edouard à la Cigale ou aux Folies Bergères étaient une suite logique du Grand Mezze : une suite assumé de sketchs. Miam Miam réussissait à créer une véritable histoire, ce qui n'est pas vraiment le cas pour ....à la française! Edouard Baer aurait pu clairement bosser davantage pour lier les scènes entre elles. On a parfois l'impression que toute les idées se sont concentrées vers la brillante mise en scène (accessoires, lumières, déplacements) et que les acteurs sont en roue libre autour des chansons du frère Baer. Et heureusement que ce sont de bons acteurs. En tête, Atmen Kelif est le seul à avoir un vrai rôle, celui du dresseur de chat qui a perdu son chat. Il est le seul à donner vraiment dans la performance physique en danseur de claquettes sur des cannettes de Kro ou musicale en Gipsy King plus vrai que nature. Seul Edouard en grosse dame danseuse de zumba fait mieux. Si Vincent Lacoste et Leila Bekhti furent finalement peu sur scène au fil des dates, Alka et Philippe Duquesne sont un ton en dessous de la pièce précédente. Heureusement, Christophe Meynet et Patrick Boshart rappellent le burlesque déjanté et borderline du Grand Mezze et d'Akioibon. Le vrai Edouard finalement ? Fort du succès de Miam Miam et parallèlement à ses débuts mainstream en Asterix, son retour à Marigny est confortable et rémunérateur. Mais le bouche à l'oreille semble moins bon et Edouard Baer sera bientôt en tête d'affiche du prochain Oteniente. Si seulement il pouvait plutôt tourner son projet de film avec Jean Rochefort en Liliane Bettencourt et créer un spectacle plus undergound avec l'Oiseau Bleu et Fred Tousch et ce serait parfait !


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