#StreetArt, l'innovation au coeur d'un mouvement - Fondation EDF - Paris
La Fondation EDF propose régulièrement des expositions en entrée libre. Au cœur de ce quartier plutôt chic, les Parisiens et touristes viennent se divertir devant des œuvres de StreetArt. Même si l'on sait bien que cette discipline a depuis longtemps investi les galeries, on reste toujours un poil dubitatif devant les impressions grand format qui nous dominent. En 2004, l'entreprise Viacom-Outdoor France avait invité vingt artistes à s'approprier 6000 panneaux de 12 m2 accrochés pendant deux semaines dans les métropoles françaises. On en retrouve quatre à la Fondation EDF, ceux de l'incontournable Shepard Fairey (Obey), Futura, Hervé di Rosa (des précurseurs), André et JonOne. On est beaucoup plus intéressé et surpris de la présence des personnages de Mark Jenkins (Sleeping Beauty, Man on his knee with head in the wall).
Cette exposition se veut aussi pédagogique. Le long du parcours, nous retrouvons sur les murs le lexique du StreetArt. Et derrière des vitrines, nous est expliquée son histoire. Dès 1930, le photographe Brassaï s'intéresse aux premiers graffitis tracés à la craie, au fusain sur les murs de la capitale. Dans les années 1960, Cornbread, Cool Earl aux Etats-Unis ou encore Ernest Pignon-Ernest en France sont reconnus comme des pionniers. En 1972, la première expo dédiée au Tag est organisée à New York et cet art a droit en 1974 à la couv' d'Esquire.
A la fin des années 1970, des galeries lui sont consacrées et d'autres raccrochent le mouvement (Sidney Janis). Puis, Jean-Michel Basquiat et Keith Haring entrent dans l'histoire. Futura avait accompagné la tournée des Clash en 1981 mais c'est bien avec le hip hop que le mouvement prend de l'ampleur. En 1982, le NY City Rap Tour débarque à Paris, au Bataclan puis à l'hippodrome de Pantin et au Palace. Cette tournée, organisée en France par Europe 1, présente pour la première fois en Europe les artistes de cette scène au sens large. Dans les années1980, le premier magazine naît aux Etats-Unis (IGTimes). Les fanzines fleurissent en Europe. Nous apprenons même que le Hip Hop était encouragé en Allemagne de l'Est (Beat Street) censé rallier la jeunesse au système.. La période allant des débuts d'Internet au succès planétaire du StreetArt est moins intéressante car moins riche en documents rares.
Au rez-de-chaussée et à l'étage, nous retrouvons des artistes importants comme le Brésilien Vhils qui cette fois-ci s'en est pris à du placoplatre pour citer José Saramago.. On rappelle aussi le travail de C215 pour le jeu vidéo Far Cry 4.
C'est l'Espagnol Isaac Cordal que nous retenons le plus. Pour son œuvre Follow the Leaders, il invite Vhils à représenter un œil scrutant son univers apocalyptique où le visiteur peut déclencher des éclairs en bougeant les mains. Nous avions déjà été confronté l'an passé à son travail lors du Voyage à Nantes, place Bouffay. Des photos présentes à la Fondation EDF témoignent aussi de ses installations faites de petits personnages flippants (Fyodors, Saint Petersbourg, 2014 et Survivor, Paris, 2014).
On aime aussi bien les miniatures de Slinkachu.
Enfin, l'expo revient sur les parcours bien connus de Shepard Fairey et JR. Mais le plus intéressant est dans le titre de l'exposition : la problématique de l'innovation. Utiliser une méga version de Paint pour pseudo graffeurs n'est pas très intéressant. Par contre, comme la Gare St Sauveur de Lille sait très bien le faire dans ses expos, nous sont présentés des progrès technologiques comme le Water Light Graffiti d'Antonin Fourneau. On écrit sur un mur de LEDs grâce à un pinceau humide. Luminous Memento est aussi un projet de monument aux morts qui sera inauguré en 2015. Le nom des civils et soldats morts apparaîtront grâce à des fibres optiques. Luminous Memory vous permettra d'y écrire un message grâce à une source lumineuse comme votre smartphone. On retrouve même Jawey, une prothèse dentaire qui permet de communiquer par messages lumineux grâce à des LEDs placées sous les dents. Le rêve de tout rappeur non ?
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