Bumblefoot / Thank You Scientist - L'Orient Express - Caen - 18/11/2017
L'Orient Express est une boîte de nuit avec un immense espace billard et dans le fond une petite scène. Quand nous étions plus jeunes, nous allions à la Loco, night-club parisien où les concerts commençaient tard. Il faut donc se mettre en mode "Loco" avec une arrivée du musicien vers 16h dans la ville, une Master Class aux horaires un peu décalés, une fin de balance vers 21h. Julien, le boss de l'Orient Express, a déjà reçu Ron Thal bien avant que celui-ci quitte en catimini les Guns n' Roses avec le retour de Slash et Duff. On le connaissait bien évidemment comme l'un des plus grands guitaristes du monde avant cette période de sa carrière qui a duré près de 10 ans (un report par exemple ici). Il est de retour en solo avec BUMBLEFOOT pour quelques dates aux Pays Bas, en France et en Roumanie.
Le batteur Kyles Hugues est fidèle au poste. Sinon, l'accompagnent à Caen les guitaristes et bassiste de THANK YOU SCIENTIST. Le groupe composé de 7 musiciens assure aussi la première partie du concert à partir de 22h45. Le groupe est signé chez Evil Ink Records, le label de Claudio Sanchez. Ce qui ne surprend personne dès les premières notes de chant du concert. Le groupe oscille entre Coheed and Cambria et Snarky Puppy pour les cuivres et la virtuosité musicale. Tom Monda à la guitare et Joe Fadem à la batterie sont les plus impressionnants de facilité sur les titres de Strangers Heads Prevail (publié en 2016) et les meilleurs titres de Maps of Non-Existent Places, leur premier disque. Les refrains sont aussi très efficaces sur My Famed Disappearing Act ou Mr Invisible. Salvatore Marrano a un physique a faire de la muscu' et détonne un peu en faisant ses petits pas de danse avec les poings qui tournent en rythme comme sur tout bon dancefloor de province. Dès qu'il nous tourne le dos, un logo Tool se dévoile, tatoué sur son cou. Il faut être sacrément fan. Les musiciens semblent avoir fait le deuil de toute requête aux jeunes ingénieurs du son mais s'en sortent remarquablement bien. Surtout que l'on est sûr de ne pas rater une fausse note quand les musiciens lâchent un cri, hilares, à la seule commise par Salvatore. Il s'est ensuite absenté pendant "les 50 prochaines minutes" pour les passages solo de tous les musiciens. THANK YOU SCIENTIST mérite toute votre attention si vous appréciez la musique complexe et efficace.
Aussitôt la fin du premier set, Ron Thal vient s'installer en discutant par la même occasion avec les fans des premiers rangs. The Police est dans les enceintes. Il chante un peu. Il plaisante sur le positionnement des retours trop près pour une pose Steve Harris. Tom Monda et Cody McCorry sont donc rapidement de retour sur scène après le concert de leur groupe. Irréprochables musicalement, ils semblent pourtant davantage en mode répétition, parfois déconcentré par des problèmes de son. Ron Thal est très attentif au public. Il dédramatise l'arrivée d'un "troublemaker" dans les premiers rangs en caricaturant les cris qu'il pousse. Le public répond plutôt bien au "hey ... hey" introduisant Little Brother is Watching. Bumblefoot a publié un très bon album l'an passé qui porte ce nom. Bizarrement, le chant de Ron Thal s'entend mieux que sa guitare au début du concert. Le problème est vite réglé. "On veut plus de guitare lead" crient les fans. Les acrobaties des titres de Abnormal passent très bien. Ron Thal sait bien qu'il fait face à un public de musiciens aimant bien les déluges de notes. Il ne déçoit personne. Ron Thal peut faire le rigolo en chant sur Glad To Be Here mais il est aussi capable d'assurer magnifiquement le premier couplet de Dazed and Confused de Led Zeppelin. Le thème de La Panthère Rose fait toujours son petit effet avant un final dantesque. Don't Know Who To Pay Anymore est un superbe titre du dernier disque, à mon sens, très influencé par son passage dans les Guns n' Roses. Pour le final du morceau, il quitte la scène pour jouer d'abord dans le public avant de se dresser sur une table de billard pour un long solo très technique et chargé d'émotion. Ensuite, The Show Must Go On résonne dans les enceintes. Ron Thal range son matériel. On avait oublié ce qu'est un concert sans couvre-feu avec un musicien très réputé et accessible.



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